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Alchémille

alchémille

Reconnue pour ses vertus astringentes, l’alchémille est utilisée pour cicatriser et retendre les tissus cutanés.
Active sur les vergetures et la cellulite, elle l’est aussi contre les gingivites et les aphtes.
Enfin, la plante est réputée pour ses bienfaits anti hémorragiques, anti diarrhéique et
pour soigner les désordres du cycle menstruel.

Histoire de l’Alchémille

alchémilleL’alchémille commune était autrefois prisée des alchimistes qui utilisaient ses grandes feuilles comme réceptacle naturel de la rosée. Appelée « rosée céleste », elle servait à préparer la pierre philosophale. Au Moyen Âge, elle est dédie à la Vierge Marie et réputée traiter les « maux féminins ». À la Renaissance, on lui prête la réputation de faire renaître la virginité ou de rendre leur beauté aux seins flétris, d’où son nom de « Lady’s Mantle » (manteau des dames). Elle était utilisée aussi par les femmes venant d’accoucher pour retendre les tissus.

L’alchémille apparaît en 1570 dans un traité d’Andrés Laguna de Segovia, un médecin, pharmacologue et botaniste espagnol qui la recommande en infusion pour soigner les fêlures et fractures chez les bébés et les jeunes enfants, mais aussi en poudre associée à du vin rouge pour soigner toutes sortes de blessures. C’est en fait au début du XXe siècle que le prêtre et herboriste suisse Johann Künzle a démontré son utilité dans le soulagement des douleurs prémenstruelles, mais aussi dans la préparation de l’accouchement.

Botanique

alchémilleL’Alchémille commune ou Pied-de-lion (Alchemilla vulgaris L.) est une plante herbacée de la famille des Rosacées1 au feuillage caduc. Cette plante couvre-sol est facile à entretenir, car elle se ressème spontanément et tolère des emplacements très variés.
Synonymes : Alchemilla acutiloba Opiz, Alchemilla acutangula
Noms communs : manteau de notre Dame, patte de lapin, pied de griffon, porte rosée, herbe aux femmes.

L’alchémille commune est une plante vivace de 10 cm à 40 cm de haut, originaire d’Europe, que l’on trouve tant en plaine et colline qu’en montagne. Cependant, en France, la majeure partie des observations sont faites en montagne.
La tige est vert clair teinté de rougeâtre.
Les feuilles sont grandes et palmatilobées (neuf à onze lobes dentés).
Les fleurs sont vert clair, minuscules et apparaissent de mai à octobre.

Habitat

Cette plante se rencontre à l’état spontané un peu partout en France, sauf dans les régions Méditerranéennes, elle pousse dans les fossés et les zones humides. Les lieux semi ombragés lui conviennent bien, mais l’alchémille peut pousser en plein soleil si le sol est suffisamment humide, riche et alcalin.

alchémilleL’alchémille n’est pas une plante difficile à cultiver. Si elle est plantée dans un sol suffisamment riche, inutile de rajouter des engrais. Par contre, il faut prévoir des arrosages après la plantation (au printemps ou en automne), puis dans l’été surtout si ce dernier est trop sec.

Propriétés et vertus

L’alchémille est une plante médicinale convenant particulièrement aux femmes puisqu’elle aide à lutter tant contre les règles douloureuses ou trop abondantes que contre les syndromes prémenstruels ou encore les affections vaginales comme les pertes blanches. Anti-diarrhéique, cette plante vivace de la famille des rosacées peut également être utilisée en cas de diarrhée bénigne.

Utilisation interne

  • Antidiarrhéique : l’alchémille est indiquée dans le cas de diarrhée bénigne, notamment chez la femme enceinte.
  • Astringente et calmante : elle aide à atténuer les douleurs des règles tout comme les troubles gastro-intestinaux. Elle est également utile pour faire face au syndrome prémenstruel et aider à régulariser les règles.
  • Antioxydante : les flavonoïdes présents dans l’alchémille aident à maintenir une bonne circulation sanguine.
  • Cicatrisante : l’alchémille arrête les hémorragies, notamment celles dues à des règles trop abondantes, au moment de la préménopause par exemple.

Utilisation externe
alchémilleEn utilisation externe, de par ses propriétés décongestionnantes, l’alchémille est conseillée pour soulager les personnes ayant les jambes lourdes, mais aussi pour traiter des affections vaginales telles que les pertes blanches. Prise en bain de bouche, elle aide également à maintenir une bonne hygiène buccale.

Utilisations thérapeutiques usuelles
L’alchémille peut être utilisée en cas de diarrhée bénigne, de troubles gastro-intestinaux et, surtout, de troubles gynécologiques, qu’il s’agisse de douleurs des règles, de syndrome prémenstruel, d’affections vaginales comme les pertes blanches. Elle aide également à soulager les personnes ayant les jambes lourdes et les chevilles gonflées, ainsi qu’à entretenir l’hygiène buccale et à soigner les aphtes.

Autres indications thérapeutiques démontrées
De par sa forte teneur en tanins, l’alchémille aide à la cicatrisation des plaies et ulcères cutanés. En compresse, elle lutte contre la cellulite et s’avère aussi efficace contre les vergetures. Parmi les autres vertus reconnues à l’alchémille, notons qu’elle est utile en cas d’angine, de céphalées et pour les personnes souffrant de rhumatismes.

Gustatif

Consommable aussi bien par l’homme que par le bétail, elle donne un goût particulier au lait et au fromage.
On peut utiliser les feuilles séchées, accompagnées de feuilles séchées de primevère officinale, pour parfumer le thé.

Précautions

Certaines plantes entrent en contradiction avec certains médicaments. Consultez d’abord votre médecin.
La plante peut perturber les traitements par les anti-vitamines K. À utiliser avec prudence chez les personnes présentant un risque de phlébite, ne pas cumuler avec les contraceptifs oraux.
L’alchémille est contre-indiquée aux personnes souffrant de gastrite ou d’ulcère gastro-duodénal.

Conseils et cas vécus de Maria Treben

En langue populaire, elle est également nommée pied-de-lion, manteau de Notre-Dame, patte de lapin, porte-rosée. Elle pousse surtout à la lisière des bois et des prairies, sur les versants et les prairies humides situées en altitude et dans les régions de montagne. Cette plante a des feuilles de forme semi-circulaire, possédant 7 à 9 lobes, avec une tige ferme et pas trop haute et des fleurs jaune-vert communes que l’on peut observer d’avril à juin, mais également plus tard. A la Fête-Dieu, l’on en fait dans certaines régions des couronnes destinées à orner la tête du Sauveur sur les prie-Dieu des foyers. Les feuilles de l’alchémille tombent quelquefois à plat sur le sol, et le matin, une goutte de rosée s’est formée au centre, qui a des reflets de perle. A plus de 1000 mètres d’altitude, nous trouvons une alchémille argentée qui pousse non seulement sur les terrains calcaires, mais encore sur les sols granitiques.

L’on cueille les feuilles et les fleurs de ces deux plantes à l’époque de la floraison ; plus tard, on ne ramasse plus que les feuilles et on fait sécher le tout au grenier. L’appellation populaire «manteau de Notre-Dame» montre clairement que cette plante est avant tout connue comme plante féminine. Depuis l’époque chrétienne, elle est consacrée à la Vierge Marie.

alchémilleL’alchémille a non seulement une action bénéfique sur les troubles de la menstruation, les pertes blanches, les douleurs du bas-ventre et les troubles de la ménopause, mais encore elle a une action favorable sur les règles au début de la puberté, en association avec l’achillée millefeuille. Dans les cas où les jeunes filles n’ont pas leurs règles, en dépit d’un traitement médical, l’alchémille peut apporter sa contribution en association avec l’achillée millefeuille (mélangées à part égales).

L’alchémille a une action astringente et contribue à une cicatrisation rapide, on l’utilise également comme remède déshydratant et cardiaque dans le cas de fièvre traumatique, de plaies purulentes et de tumeurs négligées. Après une extraction dentaire, on peut la recommander comme un des meilleurs remèdes. En l’espace d’une journée, et au bout de quelques rinçages de bouche, elle ferme la plaie et la guérit. Elle aide en cas de faiblesse des muscles et des articulations et en cas d’anémie.

L’alchémille aide en cas de blessures après accouchement, de relâchement du bas-ventre chez les femmes ayant eu des accouchements difficiles ou qui tendent à de fausses couches afin de raffermir et de fortifier les ligaments utérins. A partir du troisième mois, les femmes enceintes devraient boire de la tisane d’alchémille. C’est un remède universel à toutes les maladies féminines et a une action efficace, associée à la bourse à pasteur, même en cas de descentes de matrice et d’hernies.

Dans les cas cités ci-dessus, l’on boit pendant la journée, par gorgées, quatre tasses de tisane d’alchémille, que l’on prépare si possible avec des plantes fraîchement cueillies. En outre, l’on masse les parties concernées avec de la teinture de bourse à pasteur (voir sous «Bourse à pasteur» sous « Formes d’utilisation » ), dans le cas de descente de matrice, l’on commence à frotter extérieurement, à partir du vagin, en remontant. Dans ce cas, l’on prend en outre des bains de siège à l’achillée millefeuille (100 g d’herbes pour un bain ; en tout trois bains par semaine, car l’eau de bain, réchauffée, peut être encore utilisée deux fois).

Nos ancêtres utilisaient cette plante comme vulnéraire, par voie interne et externe, dans les cas d’épilepsie et pour soigner les fractures. Voici une citation d’un livre très ancien sur les herbes : « Lorsqu’une personne, jeune ou vieille, s’est fracturé un os, elle doit faire infuser deux poignées d’alchémille dans une mesure d’eau, aussi longtemps que l’on fait cuire un oeuf, et en boire.» Dans la médecine populaire de notre époque, cette plante reprend la place qui lui revenait. L’abbé suisse Kuenzle met tout particulièrement en relief le fait suivant : « Deux tiers de toutes les opérations subies par des femmes seraient superflues si ce simple était utilisé à temps et pendant un laps de temps suffisant ; car elle guérit toutes les inflammations du bas-ventre, la fièvre, les brûlures, les suppurations, les tumeurs et les fractures. Chaque femme en couches devrait boire une grande quantité de cette tisane pendant 8 à 10 jours, et bien des enfants auraient encore leur mère, et bien des maris désespérés leur épouse, s’ils avaient connu ce don divin. En usage externe, pressé et posé en cataplasme, l’alchémille guérit les plaies, les piqûres et les coupures. Les enfants qui souffrent de faiblesse musculaire en dépit d’une alimentation saine, sont fortifiés lorsqu’ils prennent cette tisane. »

alchémilleL’alchémille poussant en altitude a des reflets argentés sur la face inférieure de ses feuilles. Cette variété est particulièrement conseillée en cas d’obésité. Deux à trois tasses par jour ont une action très favorable. Elle est également utile pour soigner les insomnies. Les personnes atteintes de diabète devraient en boire souvent. Les enfants faibles reprennent des forces à vue d’oeil lorsque l’on ajoute à l’eau de leur bain une décoction d’alchémille, et mieux encore de la sorte argentée.

Pour un bain, l’on prend environ 200 g d’herbes (voir «Généralités» sous « Bains complets»).En association avec la bourse à pasteur, l’alchémille est utilisée, comme décrit dans le chapitre « Bourse à pasteur », pour combattre l’atrophie musculaire et les maladies graves et incurables des muscles. Cette plante médicinale si précieuse est également utilisée dans les cas de sclérose multiple.

Une personne du Burgenland m’a raconté que la tisane d’alchémille, utilisée comme boisson par voie interne et comme lavement de la région du coeur par voie externe, a apporté en peu de temps une amélioration considérable dans le cas d’affection grave du myocarde.

Formes d’utilisation de l’Alchémille

Usage interne
Préparation de la tisane : ébouillanter seulement une cuillère à café bombée d’herbes pour 1/4 de litre d’eau, et laisser infuser rapidement.

Usage externe
Bain d’Alchémille : Pour un bain complet, l’on prend 200 g d’herbes séchées ou quelques poignées doubles d’herbes fraîches, on les place dans un seau rempli d’eau froide pendant la nuit, on réchauffe le tout le lendemain et l’on ajoute le liquide obtenu à l’eau du bain.

  • alchémillePour les troubles des règles, la cure débute le 7ème jour du cycle jusqu’au 1er jour des règles suivantes.
  • En cas de fibrome ou d’acné: cures de 3 mois à renouveler si nécessaire.
  • Pour les autres symptômes, les cures sont de 1 à 2 semaines.

Ingestion

  • En infusion: Faire infuser 4 cuillerées à café de plante pendant 15min dans une tasse d’eau chaude. Boire 2 tasses par jour.
  • En décoction, suivie d’une infusion: Faire bouillir 10g de plante pendant 20min dans 1/4 de litre d’eau, puis laisser infuser 10min. Boire 1 tasse.
  • En teinture mère: 50 gouttes deux fois par jour.
  • En extraits fluides: 1 cuillerée à café par jour.

Soins locaux
En cas de conjonctivite, l’infusion peut être utilisée en bains oculaires deux fois par jour. La plante fraîche entière peut être broyée et appliquée sur les plaies, les piqûres et les contusions.

Principales sources :

• Doctissimo : www.doctissimo.fr
• Medisite : www.medisite.fr
• Naturopathie 82 : www.naturopathie82.com
• Santé-médecine Journal des femmes : www.sante-medecine.journaldesfemmes.fr
• Wikipédia : www.fr.wikipedia.org

Des livres pour aller plus loin :

La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu de Maria Treben – Ed. Ennsthaler Steyr
Les conseils pratiques des plantes médicinales prodigués dans cet ouvrage ont fait des milliers de fois la démonstration de leur efficacité. Vendu à plus de 8 millions d exemplaires, dans 23 langues et déjà un grand succès en édition française. La santé à la Pharmacie du Bon Dieu – Conseils et pratique des simples (des plantes médicinales) de Maria Treben, vous donne des conseils sur les plantes médicinales. Ce livre présente 31 plantes majeures (les simples), des conseils généraux sur l’herboristerie (cueillette, séchage…), la recette de l’élixir du Suédois et comment faire face à diverses maladies. Il y a aussi des planches en couleurs, utiles pour faire la cueillette soi-même. Un livre très pratique pour tous ceux qui utilisent les plantes médicinales.

Petit Larousse des plantes qui guérissent, de Gérard Debuigne, François Couplan, Thierry Folliard (Auteurs) – Editions Larousse 2009

Du bon usage des plantes qui soignent, de Jacques Fleurentin – Editions Ouest-France

Plantes de bien-être : Du bon usage des plantes qui soignent, de Camifolia – Editions Ouest-France

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